Blog de pensées éparses d'un quinquagénaire, fumier homme-cis blanc, enseignant de design graphique et de cinéma d'animation, ex-youtuber, vidéaste, passionné de diverses choses, ni plus intelligent, ni plus bête que la plupart des gens.

Lectures féministes

nues et piédestaux

Je termine (il était temps) la lecture réjouissante (je dirais même euphorisante) du fameux Sorcières, la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet (Zones, La découverte, 2016). Je pense sincèrement que ce livre mérite d’être lu à bien des titres.

Comme un certain nombre de réflexions me sont venues à sa lecture, je me décide à rédiger cette petite note.

Si la partie historique introductive du livre est assez synthétique, il me semble qu’elle aborde le cas des procès de sorcellerie de façon un peu biaisée. Pour m’être renseigné un peu sur le sujet je voulais nuancer quelque peu certains passages.

  1. Page 13, l’autrice parle de “crime de masse” pour qualifier les exécutions de sorcières. Elle évoque pourtant 11 pages plus loin une estimation moyenne de 100 000 victimes sur près de trois siècles en nuançant avec les victimes non recensées. Les spécialistes évoquent souvent ce chiffre pendant la période allant de 1480 et 1560, “l’âge d’or” des procès en sorcellerie en Europe peuplée alors d'environ 65 millions d’habitants (l’article de Wikipedia donne 60 000 comme estimation des victimes).
    Si on rappelle que 10 à 15% des victimes étaient des hommes, il me semble un peu exagéré de qualifier une pratique systémique de crime de masse, même si ces victimes sont plus nombreuses dans la même période que les exécutions pour tout autre accusation (hérésie, vol, etc.). La brutalisation des conflits de l’époque et les guerres de religion auront fait dans des périodes similaires bien plus de victimes
     
  2. Si la thèse de l’autrice est que ces femmes ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes (indépendantes, fortes, âgées, isolées, etc.), il serait intéressant de contrebalancer des cas d’exécutions d’hommes tués parce qu’ils étaient des hommes. Tout au long de l’histoire, quantité de massacres ont été opérés sur des hommes triés dans la population, lors des grandes invasions, des sacs de ville, des guerres, (Rome, Brescia, plus récemment Nankin ou même Srebrenica), pas forcément parce qu’ils étaient des soldats ou des guerriers mais parce qu’ils avaient le potentiel de le devenir. Il n’est évidemment pas question de compter des points ou de comparer les sexes sur leur taux de victimisation surtout que l'oppression des femmes a pris bien d’autres chemins.
     
  3. L’autrice omet de préciser que 50 à 60% des accusateurs des sorciers et sorcières étaient des accusatrices. Beaucoup de procès sont intentés par des femmes contre d'autres femmes. Si la sororité en pâti, l’accusation n’est pas toujours le fait d’hommes (même si évidemment les juges et les bourreaux le sont). Comme la pratique superstitieuse baigne les sociétés de l’époque, ce sont même parfois les guérisseuses qui sont accusées de sorcellerie par leurs ancien·ne·s client·e·s sur des motivations bien humaines de jalousie ou de rivalité.
     
  4. On oublie que parfois, baignant dans cette société superstitieuse, les femmes et les hommes accusés de sorcellerie étaient parfois convaincus de leurs propres pouvoirs et donc de leur culpabilité. Guérisseurs, rebouteux, l’usage des sorts, breuvages ou autres pratiques magiques, invoquant même parfois les saints de l’église.Cela n’excuse en rien les persécutions qu’iels ont subies mais relativise la gratuité des accusations.
     
  5. Pas de trace non plus dans le livre des figures féminines “magiques” positives contemporaines à celles des sorcières. Fées, magiciennes, muses, allégories féminines diverses, saintes… C’est d’ailleurs l’époque du développement du culte marial, un symétrique de femme parfaite (elle ne fait pas l’amour et se voue à son enfant) en opposition à la sorcière. Ces figures sont certes souvent asexuées, sages, soumises, dociles, moins glamour, mais elles existent. Tout comme existent à cette époque des femmes de pouvoir, nobles, reines, guerrières - bien qu’en petit nombre.
biais de confirmation ?

Ces oublis me paraissent relever du “cherry picking” ; recenser les faits qui vont dans le sens de sa démonstration en omettant ceux qui la tempèrent.

J’ai trouvé aussi un peu troublant dans le livre le mélange des sources (très nombreuses) citées dans le livre, qui accumule pêle-mêle des anecdotes, des propos rapportés, des sources historiographiques et des œuvres de fiction. S’il est indiscutable que les séries télévisées ou les romans expriment les préoccupations et mentalités de l’époque qui les voit naître, cumuler parfois dans un même paragraphe des citations historiques et fictionnelles me paraît déconcertant voire manipulateur, pour le moins parfois anachronique.

Tout comme qualifier de “haineux” les portraits de femmes par des peintres du XVe (p. 36) me paraît injuste ; Metsys a représenté dans son œuvre plus d'hommes grimaçants que de femmes (souvent élégantes et à égalités des hommes) et les allégories de Baldung ne me paraissent pas particulièrement à charge.

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Hans Baldung, Deux sorcières et les trois âges de la vie, portraits "haineux" ?

Enfin il y a quelques références anti-nucléaires à la fin du livre et un positionnement vaguement anti-science qui me dérangent un peu.
La sorcière est définie comme la femme d’expérience, qui manipule avec efficacité plantes et remèdes en opposition à une médecine défaillante. Certes, à l’époque de la Renaissance, le principe médical du Primum non nocere - d’abord ne pas nuire - était largement galvaudé, mais décrire la sorcière, la guérisseuse, comme détentrice d’un savoir astrologique et magique gênant pour la médecine masculine me semble du même niveau que celles et ceux qui voient de nos jours dans le “paysan” le détenteur d’un savoir séculaire immuable et sage, oubliant que ces paysans sont également les vecteurs de superstitions, sources magiques, cycles lunaires et chouettes clouées sur les portes de granges.

Pour quelques spécialistes, les procès en sorcellerie étaient le moyen pour la société de la Renaissance de se débarrasser des superstitions médiévales pour aller vers une culture chrétienne plus universelle. La peur qui s’installe enseigne la réserve et la “raison” (la raison religieuse) dans les parties reculées de l’Europe. Cette chasse aurait donc eu une valeur civilisatrice et aurait été le prix à payer pour avancer vers une société moderne.

Heureusement, Sorcières… , ne se veut pas une référence historique sur les procès en sorcellerie. Si c’est un point de départ, c’est surtout une analyse symbolique sur le regard contemporain porté sur les femmes, sur les féministes qui osent revendiquer une place d’égalité mais aussi sur les femmes âgées et le rapport à l’image de la femme diffusée par les médias et la publicité.

patriarcat et anti-conformisme

Si j’ai aimé ce livre c’est surtout parce que je m’y reconnais.
Parce que son sujet me semble surtout l’anticonformisme.
Parce que la sorcière incarne un courant de pensée qui rejette une pensée dominante, un modèle normatif.

Moi qui ne me suis jamais reconnu dans les modèles masculins véhiculés par la société mainstream, qui n’aime ni le foot ni les voitures, qui n'ai aucun esprit de compétition, artiste bobo amateur d’opéra et de musique punk, fils d’une femme, père d’une femme, enseignant d’un public à 80% féminin, je trouve rédigé dans ce livre un ode modeste et spirituel à la bizarerie, au rejet de la normalité.

Alors que ce “conformisme réactionnaire" (que je substituerais volontier au terme de “patriarcat”) est maintenu autant par des hommes que par des femmes (l’autrice y cite beaucoup de femmes réactionnaires au féminisme tout comme elle cite beaucoup d’hommes qui y sont favorables) ce livre me semble dénoncer de façon jubilatoire la soumission des femmes à une norme comportementale et esthétique dont il me paraît nécessaire de se débarrasser.

conseils bibliographiques

A mon humble avis, tous les centres de documentation mériteraient d’avoir au moins ces références dans leur fond :

- Les culottées (deux volumes) de Pénélope Bagieux : portraits de femmes de toutes époques, une vulgarisation qui permet de pallier la lacune de modèles féminins dans le savoir collectif. C’est drôle, élégant, dynamique et réjouissant. Nécessaire même.

- Ces hommes qui m’expliquent la vie de Rebecca Solnit, réflexions sur la relation du savoir et des femmes. Écrit juste après qu’un homme lui ait fait une leçon ampoulée sur un sujet dont elle était experte, l’autrice s’interroge sur le fait qu’elle se soit mise à douter un bref instant, sans aucune raison, juste parce que le rapport de subordination était porté par le contexte culturel et sexué.

- King Kong Theory, autobiographie de Virginie Despente, reflexions féministes, récit brutal et intelligent qui évoque le viol, le fait d’être une femme dans une société agressive, mais aussi la prostitution dans une sorte de manifeste court et facile à lire.

- et enfin Sorcières, la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet, décrit ici.




 

shitstorm

ratiocinations et digressions

Il fallait que ça m’arrive.

En fait je suis même assez étonné que ça me soit arrivé si tardivement dans l’histoire de ce projet. La “tornade de fèces”, la shitstorm sur le réseau social qui s’en est fait la spécialité : Twitter.
Rétrospectivement je trouve que je m’en sors sans trop d’éclaboussures, même si j’ai fait l’erreur de répondre aux messages quand tout le monde me conseillait de laisser la tempête passer.

Qu’est-ce qui m’a été reproché ?

Une personne, essayiste, salariée d’une entreprise de modération d’internet - si j'en crois sa fiche wikipedia - découvre le livre HorrorHumanumEst et la série, un an après sa fermeture. Elle est manifestement choquée par le ton du livre, certains termes et images semblent la heurter: la machette sur la planche de stickers (mais pas le fusil d’assaut ni le sexe coupé), et certaines figures de styles quand j’évoque le génocide au Rwanda et les camps de la mort nazis.

Le livre la fait tiquer aussi sur un point précis : dans un paragraphe de 142 mots (sur un total de 34 834 mots que compte le livre), sur une page d’annexes, après les cinq pages traitants du génocide rwandais de 1994, la mention d’un rapport de l’ONU évoquant des représailles du pouvoir rwandais sur des Hutus réfugiés au Zaïre qui sont qualifiés de crimes de "génocide".

Une affaire évidemment complexe, soulevée encore récemment.

Ce rapport existe bien, ces massacres aussi - même s’ils ne sont pas comparables en ampleur et en méthode au génocide des Tutsis du Rwanda, ce mot de “génocide” est bien cité maintes fois dans ce rapport mais il m’est reproché de lui donner du crédit.
J’ai cité le rapport pour placer le génocide dans une perspective globale, comme souvent, pour souligner que les massacres ont des origines et des conséquences, me fiant évidemment à cette institution qu’est l’ONU.

Or, c’est une évolution historiographique que j’ignorais sur cette affaire, ce rapport et le terme de double-génocide (ou contre-génocide que j’ai utilisé comme titraille de ce paragraphe) est mis en avant par des négationnistes du génocide.
Je ne pense pas que quiconque puisse dire ou écrire que des centaines de milliers de Tutsis n’ont pas été massacrés en 1994, les faits se sont passés quasiment devant les caméras et les témoignages sont nombreux. Que des personnes cherchent à relativiser les faits, les minimiser ou les mettre dans une perspective plus large, parfois pour se défendre des accusations qui pèsent sur eux est certain. Mais personne ne nie les faits. Or le terme négationniste est celui utilisé en Histoire pour qualifier la contestation ou la minimisation de crimes contre l’humanité.

Le Négationnisme est une des pires accusations qui puisse être faite dans le contexte d’un travail qui traite d’Histoire.

Qu’il me soit balancé comme ça dans un tweet, devant 30 000 abonnés, un vendredi après-midi a évidemment quelque chose d’assez infamant.

J’avoue que ma connaissance est loin d’être parfaite sur le sujet - qui peut se targuer de connaître parfaitement le sujet du génocide rwandais si controversé et dont certains faits restent encore inconnus ? - mais la personne qui me fait ces critiques n’est pas plus spécialiste que moi.

Je reconnais volontiers la maladresse d’ailleurs - comme toutes celles qui m’ont été faites auparavant. J’ai écrit l’épisode en 2012, deux ans après l’écho médiatique de ce rapport de l’ONU (Le Monde, Libération, L’Express, pour ne citer qu'eux) et les discussions et recherches sur le sujet ont fait leur chemin depuis. J’aurai dû faire preuve d’un peu plus de prudence, utiliser comme je l’ai fait dans l’épisode animé le point d’interrogation dans le titre “contre-génocide ?” et préciser qu’il y a une accusation négationniste qui pèse sur ces faits.

Mais si ce paragraphe est maladroit, il n'est pas factuellement faux et je n’ai donc pas spécialement de reproche à me faire, ce que j’ai exprimé aussi humblement que j’ai pu dans les réponses que j’ai formulées au tweet initial.

police du style et du bon goût

Mais ce qui m’est aussi reproché - peut-être surtout d’ailleurs - c’est le “style” du livre, sa tonalité.

L’utilisation d’euphémisme dans le texte, d’ironie, de litotes, la tonalité sarcastique globale de la série semble être insupportable à certains. Qu’on puisse mettre dans le même livre l’histoire de génocides et des exécutions ou ce que l’initiatrice du premier tweet qualifie de “faits divers”.
Quand j’utilise une litote dans mon texte c’est pour provoquer un effet inversement proportionnel. Dire que le génocide rwandais était “efficace” c’est évidemment odieux quand c’est pris au premier degré.
Mais c’est aussi un qualificatif réaliste si on se réfère au ratio des morts et du temps qu’il a pris.

Le mot cherche donc à provoquer l’indignation, comme le reste du livre.
Ne nous y trompons pas, HorrorHumanumEst est bien un livre d’indignation sur la capacité de l’humanité à provoquer l’horreur.

Celles et ceux qui pourraient y lire une fascination ou pire une admiration pour ces sujets manquent sérieusement de bon sens. Ce qu’il est à mon avis difficile de soupçonner quand on lit le livre...
Bon.

Il s’agit d’un désaccord de style en somme, l’intention n’est pas mise en cause, même par l’instigatrice de l’invective.
Sauf qu’elle se permet de me prêter des intentions d’humour déplacé, me prétant ces paroles : “et alors j’ai mis un bruit de pet quand il a dit “nazi” on a trop rigolé”. Comparer l’ironie - une figure de style permise par notre magnifique langue - à l’humour scatologique de salles de garde, évoquer les gaz intestinaux sur le sujet des camps d’extermination ?
Je ne sais pas qui a l’humour le plus à propos...

Car oui, j’assume le côté grinçant de cette série.
Je l’ai déjà dit maintes fois, elle cherche à toucher ceux que les discours lisses endorment, elle cherche à synthétiser des faits pour tous ceux que l’Histoire ennuie - et ils sont nombreux.

Parler de sujets graves le regard baissé, les sourcils en accent circonflexe, le ton digne, plein d’une feinte compassion de circonstance et le petit doigt sur la couture du pantalon m’emmerde.

Je crois que les quatre années de recherches diverses et les quelques milliers de pages de lecture m’ont permis d’aborder les sujets que j’ai traités dans mon livre avec une certaine honnêteté, que j’en ai fait une synthèse satisfaisante. Que les corrections que j'ai intégrées au fur et à mesure ont permis de clarifier et rectifier les quelques erreurs - minimes pour la plupart.

Mais oui, je le dirai toujours : je ne suis pas spécialiste !

Ce qui ne veux pas pour autant dire que je suis ignorant comme certains ont pu le déduire.

Et j’ai utilisé un style qui ne plaît pas à tout le monde.
Je constate ici, une fois de plus et comme beaucoup, que malgré les belles images placardées en 2015 sur tous les réseaux sociaux, tout le monde n’est pas “Charlie".

effet de meute

Ce qui m’a le plus fasciné dans la mécanique du réseau c’est l’effet produit par le message initial.
La remarque sur le paragraphe paraît légitime et je l’ai prise comme telle.

Mais quand elle est faite de façon ostentatoire par une personne lue par plus de 30 000 abonnés, c’est comme un appel à la réaction.

Sur ce média, s’exprimer c’est partager son indignation à l’ensemble de ses followers.

Et l’émotion est contagieuse, surtout que celles et ceux qui lisent et sont abonnés à une personne le sont souvent parce qu’elles ou ils font confiance à son jugement ou apprécient ses prises de parole.

Passons sur le tutoiement (qui me gêne toujours) tout de suite adopté par les personnes qui ont répondu au tweet initial, j’ai reçu un flot d’insultes et d'invectives aggressives à la suite de ce message.

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Se voir traiter de Gros blaireau, d’ordure, de fumier, de con, de tête pleine d’eau ou d'abruti de manière totalement gratuite par des personnes que je ne connais pas, qui ne me connaissent pas, qui n’ont pas lu mon livre, ne sont pas plus expertes que moi mais jugent une démarche sans la connaître sur le simple fait d’une critique vague m’a semblé pour le moins choquant.

Surtout quand ces remarques glissent sur mon physique, mon genre ou même mon patronyme… J’ai eu l’impression de devenir une sorte d’épouvantail déshumanisé. Je savais que c'était courant sur Twitter, mais le vivre vous fait ressentir la chose différemment.

La publication des épisodes sur YouTube m’a exposé pendant près de quatre années à des insultes variées, j’ai été traité de connard, de gauchiasse, d’anti-communiste, l’Histoire est un sujet un peu clivant, c'est le jeu.

Je n’ai été inquiet que quand la véracité de ce que je racontais était remise en cause.

Sur Twitter c’est bien l'honnêteté de ce travail, en pleine période difficile pour moi, qui m’était reprochée, qui m’a ébranlé et empêché de dormir pendant quelques nuits. Et je comprends assez mal le profit de ces justiciers qui pensent que leur avis est infaillible et supérieur aux autres, qui croient analyser avec pertinence le travail de six années en deux coups d’oeil, résumer une critique à une poignée de mots et se permettent d’activer leur influence calomnieuse sans remords, participant un peu plus à ce climat de violence, de harcèlement, d’insulte, comme si le fait de se trouver sur ce média autorisait à le faire subir aux autres parce qu’on peut le subir soi-même.

J'ai eu l'impression de prendre conscience en un weekend du fond du livre de François Cusset sur les nouvelles formes de violences.

Se défendre devant un flot qu’il est difficile de lire intégralement, qui fait des rameaux, des copies, est quasiment impossible. Parce qu’exprimer une défense en 280 signes relève du défi, surtout qu’au moindre écart de vocabulaire vous êtes cloué au pilori et déclenchez un nouveau flot de réactions.

légitimité

Le dernier reproche qui m’a été adressé par contre m'indigne vraiment.

Selon la horde, il faudrait être “expert” d’un sujet pour le vulgariser.
Et plus je refléchis à ce postulat, plus je le trouve idiot.

Qu’on me reproche de n'être pas au dernier fait de la recherche je veux bien l’admettre. Mais faire une synthèse (1’30 sur ma série vidéo, cinq pages illustrées dans mon livre) ne réclame pas d’avoir un doctorat sur les sujets traités.
Certains m’ont même reproché de risquer de devenir une référence biaisée ce qui me semble complètement dément. Je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais vu "il était une fois l’homme" cité dans les bibliographies de travaux d’historiens !

Un livre de vulgarisation reste une entrée dans le sujet qu’il traite. Jamais une référence de quelque manière que ce soit.

C’est même à ça qu’il sert.

Que les sujets soient traités avec sérieux et exactitude est évidemment une nécessité, qu’il bénéficie quand c’est possible de l’éclairage de spécialistes est un plus. Si je ne l’ai pas fait c’est par manque de moyen.
J’ai quand même fait ce travail de vérification et de correction avec le plus de sérieux possible.

Par expérience je sais même que souvent les “spécialistes” d’un sujet sont les pires vulgarisateurs : ils le connaissent trop pour être capables d’aller à l’essentiel, de le simplifier.
L’intervention d’un spécialiste de la vulgarisation permet d’optimiser la pensée, de choisir un angle précis, de l’adapter à un auditoire.
Nier cela c’est mettre au panier TOUTE la vulgarisation des musées, des vidéastes, des livres grand public.

Au panier les culottées de Pénélope Bagieu qui ose traiter en BD de biographies sans l’aide d’historiens ? Au panier Tu mourras moins bête de Marion Montaigne qui fait ses propres recherches sur des sujets scientifiques et ose utiliser des personnages de la pop culture pour les mettre en scène ? Au panier les Radium Girls de Cy ? La petite histoire des colonies d’Otto et Jarry qui font revivre le général De Gaulle ou Yves Mourousi ? L’intégrale de C’est pas Sorcier ? De Karambolage ?… Toutes ces oeuvres qui m'ont tant appris et enchantées ?

Soyons sérieux.

La vulgarisation est un métier, de metteurs en scènes, de comédiens, de graphistes, d’auteurs et d’autrices.

Que les chercheurs cherchent, publient, soient lus et que leur travail soit mis à disposition du public par des gens qui en ont les capacités.

c'est fini ?

J’ai quand même été soulagé de voir le flot s’éteindre petit à petit en moins de 48h, preuve probablement que ce qui m’était reproché était assez ténu. Je me rends même compte à posteriori que certains tweets ont été supprimés.

Ce qui est sûr c’est que je vais modifier le paragraphe incriminé pour l’édition qui sortira en librairie, je l’ai déjà fait sur le site officiel de la série. Mais tout ce stress, cet épandage d’agressivité alors qu’une simple remarque - neutre, même pas forcément bienveillante - dans un message privé aurait suffit, ça me dépasse un peu.

Et moi qui ai peur de Twitter, je me retrouve restrospectivement à faire le ouin-ouin sur mon blog, en bon cis-homme blanc depressif. Mais comme j'ai toujours eu le complexe de l'imposteur, peur de l'illégitimité, mon autodénigrement me crie bien fort à l'oreille "bien fait".

Les dossiers formation en Design Graphique et Animation

pilori et gémonies

 

Encore une fois, oui, ENCORE une fois, il faut qu'un journal culturel, ici Télérama dans son numéro 3646 du 30 novembre 2019, se fende d'un "dossier" sur les formations en Design Graphique et cinéma d'animation. Quand on est comme moi enseignant dans ces deux disciplines, ce genre de dossier à de quoi énerver. Car encore une fois ce dossier fait la part belle aux formations privées et semble ignorer qu'il existe quantité de formations publiques qui dispensent - gratuitement - des formations équivalentes.

Repérons ensemble sur le dernier dossier les citations de formations publiques (surlignées en bleu) et privées (surlignées en orange).

 


Le paradoxe qu'on peut souligner dès le départ c'est que sur les artistes interviewés trois sur quatre sont issus de formations publiques (La Cambre en Belgique et ENSAD Paris). Notons également que la grande majorité des publicités associées à l'article sont de boites privées mais ça n'a rien d'étonnant quand on sait que les écoles publiques n'ont simplement pas de budget pour communiquer.

Le problème ce sont surtout les encadrés "les écoles" qu'on trouve sur les deux domaines.
 


Celui du Design Graphique est composé ainsi : un pavé introductif général pour dire que plein de formations publiques existent, ensuite une liste de 8 écoles, citant à égalité public et privé.
Ce qu'oublie de mentionner ce dossier, en citant LES écoles (pas "des" ni "quelques", hein... "les".. comme s'il n'y en avait pas d'autres) ce sont rien qu'à Paris les écoles Duperré, Renoir ou Prévert (Boulogne-Billancourt), formant toutes trois depuis des années au même titre que l'ENSAAMA ou Estienne. Et en province ? Puisque le dossier cite l'école privée de Nantes, il aurait aussi pu citer une des 38 formations publiques en design graphique DNMADe ? Chaumont, Rouen, Roubaix, Marseille... Elles sont toutes citées ici, on a l'embarras du choix, sans parler des privées sous contrat avec l'état (au moins 5 en design graphique), tout aussi valables et bien moins onéreuses que celles citées.
Que dire d'ailleurs des écoles de BeauxArts ou dépendantes du ministère de la culture dont certaines sont spécialisées en Design Graphique et d'un excellent niveau ? L'Esad d'Amiens ? D'Orléans ? De Cambrai ? Du Havre ?

 


Pour ce qui est des formations en cinéma d'animation c'est plus compliqué car 90% (estimation au doigt mouillé) de la formation dans le secteur est privée, tant pour des raisons économique qu'historique et parce que le métier nécessite souvent des formations modulables et techniques que l'éducation Nationale peine à encadrer. Mais elles existent : en plus des deux citées dans le dossier (ENSDA, Paris8) au moins 4 établissements publics dispensent un DNMADe en cinéma d'animation (Estienne Paris, Esaat Roubaix, Cournon d'Auvergne, Marie Curie Marseille), plus Sainte Geneviève à Paris (privé sous contrat). C'est quand même dommage de les oublier, non ?

La dernière bétise de l'article se trouve dans l'encadré "Les dipômes" qui cite deux formations qui ne recrutent plus (BTS et MàNAA) et qui sont donc totalement inacessibles aux lecteurs et lectrices de ce dossier. A quoi bon citer deux anciennes formations dans ce type de dossier ?

Mais pourquoi donc ce dossier semble si mal renseigné ?

indigence ou intérêt ?

Il faut probablement y voir une certaine indigence journalistique, bin si... il faut bien appeler cela ainsi. On peut aussi y voir un intérêt financier, les écoles privées étant les clients du Média Télérama, dispenseur de publicités à un public choisi de lecteurs amateurs de prescription culturelle.
Mais ça tient surtout probablement au contexte de ce dossier : le salon "Start" dont Télérama est partenaire avec Le Monde. Tous ces salons, génériques (de l'étudiant, des formations professionnelles, des métiers, etc) ou spécialisés (des métiers de la création, des métiers de bouche, du bien-être, des professions médicales, etc.) s'ils sont gratuits pour les visiteurs sont PAYANTS pour les exposants.


Et qui peut se payer - souvent très cher - une place visible à ces salons ? Qui peut aussi financer des hotes et hotesses qui font le pied-de-grue  le temps d'un weekend en distribuant des plaquettes clinquantes sinon les formations privées dont le système financier repose sur la visibilité et la séduction ?

Les formations publiques n'ont aucun moyen à dépenser pour aller là-bas, aucune ristourne, et peu d'enthousiasme chez les enseignants à aller jouer les représentants de commerce le temps d'un weekend non payé.

L'analyse des exposants listée dans le magazine me parait assez parlante.

 

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Alors restons positifs, le dossier n'est pas totalement à jeter, pour celles et ceux qui auront le bon sens de lire entre les lignes il faudra aller regarder le site officiel des arts appliqués, cité dans le dossier, pour trouver une liste de TOUTES les formations de design graphique et d'animation gratuites dispensées par l'éducation nationale.

Et puis les formations privées ne sont pas mauvaises en soi, certaines sont même de très grande qualité mais rappelons que le prix moyen de ces formations tourne autours de 8000€ par an pour des formations de 3 à 5 années...

Commencer sa vie professionnelle en passant dix années à rembourser un prêt étudiant me semble un projet d'avenir assez peu avenant quand des alternatives sont possibles.

Ce que je reproche à Télérama, en fidèle abonné depuis 30 ans, c'est de faire de la publicité à ce modèle économique alors que bien d'autres chemins existent et qu'ils ne sont pas bien compliqués à trouver pour peu qu'on s'en donne la peine, ce que le journaliste n'a manifestement pas fait.

 

 

 

Naque ta marz

pilori et gémonies
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Une fois de plus je suis bien embêté...

Voilà : j'aurai bien aimé kiffer Mutafukaz, le film, mais je dois avouer qu'il ne m'a pas plu du tout.

Alors bon, oui, les graphismes sont chouettes - dans leur genre hispano-américain graf/rap tattoo/lucha libre/comics, l'animation claque comme il faut, les scènes d'action ont ce qu'il faut d'adrénaline... Mais à aucun moment je ne suis rentré dans cette salade niçoise d'influences graphico-cinématographiques, cette macédoine-kebab au charisme de pizza hawaïenne : on reconnait les ingrédients, ils sont savoureux pris individuellement mais qui aurait l'idée d'aimer un plat où ils sont tous réunis ?

Comme je me sens un peu merdeux de ne pas aimer un film d'animation pour public mature, produit courageusement dans ma région par des artistes talentueux, bin, je vais essayer d'analyser pourquoi.

spoiler alert !


Le film raconte le destin d'un jeune garçon avec une grosse tête ronde noire aux grands yeux, Angelino... Il vit avec un copain squelette, Vince, à le tête en feu et côtoie un relou qui semblerait être une chauve souris, sans aile, avec des dents plates et des bagues dessus (???).

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Les designs étonnent et - première bizarrerie - ne sont jamais expliqués ou motivés. Angelino ressemble à une bill-balle de face (les obus vénères de Mario), il a des paupières qui servent de paupière mais des fois non, Vince ressemble à un méchant de Zelda, on a envie de lui balancer une coup de feuille mojo pour l'éteindre et lui filer un coup d'épée, le feu sur sa tête ne brûle que quand le scénario en a besoin (pour faire un lance flamme avec une bonbonne d'insecticide) mais pas quand il met un bonnet, il mange et boit comme les autres... Mouais. Pourquoi la chauve souris ? Je ne m'explique toujours pas, surtout avec un appareil dentaire alors qu'ils vivent tous dans une misère crasse, mais on va dire que c'est la licence artistique. Enfin... licence étrange quand même parce qu'à part un catcheur à tête de tigre et les méchants extra-terrestres, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu d'autres personnages non humain dans le film...

Donc les trois anti-héros sont bizarres mais personnes ne relève leur bizarrerie, acceptée de tous et donc du spectateur.

Ils vivent dans un taudis rempli de cafard apprivoisés (référence probable à Jo's apartment (1996)).

Le taudis est situé dans une ville, mélange de Los Angeles et de Miami, sorte de Vice-city de GTA, peuplée de gangs d'une violence inouïe, sortant le flingue à la moindre occasion, une violence surjouée, improbable dans le sens où il n'y a jamais nulle part de répits, à part peut-être le bus ou le resto. Tellement surjouée qu'on se demande comment tous ces gens sont arrivés à l'âge qu'ils ont.
Sans qu'on sache trop pourquoi (l'accident de scooter ?) Angelino va se découvrir le pouvoir de repérer dans la foule des individus dotés d'une ombre bizarre, genre plancton dans Bob l'éponge.
Bon.
Des "gens" vont s'en rendre compte et ne pas aimer du tout.

Bon.

heu... là j'ai pas bien compris quel danger représentait pour ces "gens" des loosers sans pouvoir ni charisme mais allez savoir. Probablement un potentiel caché et dangereux qui échappe à la logique.
Mais qui nécessite forcément d'envoyer des forces spéciales buter les deux gars. Des armadas d'hommes en noir (avec plaque MIB - référence encore) et de commandos en armures (genre Jin-Roh) déboulent pour une séquence d’assaut d'appartement genre Léon de Besson (une référence de plus), les gamins s'en sortent grâce à des pouvoirs de fou qui se révèlent tout à coup (du type marcher sur les murs comme Naruto).
Bon, je crois que ça va être compliqué de continuer sans noircir des pages, le reste est à base de complot extraterrestre (les "machos"), de catcheurs gardiens de la paix galactique, de pouvoir transformistes destructeurs (Akira, Amer Béton), d'amitié qui prend le dessus et d'amour contrarié.

Il n'y a pas vraiment de personnages féminins dans le film à part une lolita hypersexuée, genre cheerleader brunette pigtail sortie tout droit de pornhub, le film est rempli de mâles badass qui tuent sans état d'âme, en surdose de testostérone.
Le pire, submergé par toutes ces références, c'est que je n'ai même pas vu les deux principales de l'auteur : invasion Los Angeles ou The Thing de John Carpenter.

mais
Pourquoi Angelino a cette grande cicatrice sur le bide ?
Pourquoi les commandos en armure ont la même tête qu'Angelino mais pas les autres machos ?
Pourquoi le macho-chien ? C'est qui au final ? le père ? Il devient quoi ce chien ?
Que s'est-il passé entre l'abandon dans la benne à ordure et l'emploi de livreur de pizza, le bébé a été recueilli ? Par qui ?
Qui sont les parents de Vince ou de la chauve-souris ?
Pourquoi le feu sur la tête de Vince des fois brûle et des fois pas ?
Quel intérêt ont les extra-terrestres à coloniser la terre ?
Pourquoi des catcheurs, c'est quoi leurs pouvoirs à part être des gros balèzes ?
Pourquoi le camion de glace a un moteur de Lamborghini ?
Pourquoi le siège de l'interrogatoire est-il sur une perche au milieu d'un espace plus grand que le stade de France ?
Pourquoi on voit à plusieurs reprises le coeur d'Angelino prendre feu ?
Le méchant à la grosse voix, c'est un macho ? un humain ? Pourquoi il a cette tronche ?

Ce que j'ai bien aimé par contre ce sont les rares inter-titres qui prennent à parti le spectateur. Je trouve que le film aurait eu à gagner à multiplier ces effets typos, pour citer la source BD, pour se moquer de ses faiblesses, les ressorts de scénarios éculés, les citations, pour convoquer la connivence du spectateur-connaisseur.
 
gloubiboulga
Film patchwork, Mutafukaz cite sans vraiment les dépasser des sources éparses, mais plus que des influences j'ai eu l'impression que c'étaient des modèles copiés sans que la mayonnaise ne prenne jamais vraiment.
Probablement trop court pour synthétiser la BD de 600 pages (que je n'ai pas lue), le film est brouillon, confus, inutilement violent, les personnages sont sans charisme, trop de choses sont sans explication, sans logique autre qu'une vision stylistique qui nécessite que le spectateur soit client de cette esthétique, ce que je ne suis pas.
 
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A la fin de l'avant-première les auteurs du son ont témoigné de la grande exigence de Run, le réalisateur, pour la cohérence sonore : le son des douilles à chaque coup de feu, de refroidissement de moteur, de rechargement (c'est assez rare pour le noter : dans ce film les tireurs rechargent leurs armes !), un soucis de réalisme alors que l'univers est farci d'incohérences ou d'arbitraire, c'est un paradoxe que j'ai du mal à comprendre. Y'a une chauve-souris qui parle mais il faut que le bruit du camion soit réaliste ? Hu ?

Comme j'ai du mal à comprendre la multiplication des plans violents, balles dans la têtes répétés, fusillades, flaques de sang.
Et puis si le casting me semble réussi, j'ai quand même l'impression que le ton un peu trainant d'Orelsan contribue à ramollir un peu le rythme du film.

 

Tu es un macho, Harry...

Mutafukaz, est un film pour amateur de fights, de guns, de freaks, de comics, de citations, un morceau de connoisseur. Si vous ne connaissez aucune de ses références, vous pourrez peut-être y trouver votre compte. L'équipe veut faire de ce film le défenseur de l'animation "adulte", un pari audacieux, compliqué à produire et à distribuer. Selon eux l'avenir du genre dépendra de son succès. D'ailleurs quelques critiques le défendent sous cet angle là : sans dire que le film est mauvais, il faudrait aller le voir pour soutenir le genre et espérer en voir de meilleurs dans le futur.

Un discours déjà entendu dans la promo de Last Man.

Je suis un peu désespéré de voir qu'en France l'animation adulte se cantonne à des histoires de baston et de mini-jupes.

On l'a vu pourtant avec Avril et le monde truqué, les Lascars ou plus lointain La planète Sauvage, il y a quand même autre chose à faire que de copier les modèles japonais et américains.

Enfin... j'espère.

Mutafukaz sort en France au cinéma le 23 mai, le mieux c'est encore que vous alliez vous faire votre propre opinion.

été irlandais

ratiocinations et digressions

Ouais, bon, c'est ça aussi un blog, vous faire chier avec mes photos de vacances. J'ai le droit je suis chez moi.

Donc oui, avec mon épouse on a décidé de faire faire la traversée par IrishFerries à notre vieille voiture avec la famille dedans. Un voyage en Irlande avec une semaine à Dublin et une autre sur la cote atlantique sud.

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Pour la petite histoire, j'ai découvert Dublin il y a un peu moins de trente ans, en voyage linguistique à 17 ans. Je n'ai pas gardé un souvenir précis de la ville que j'ai entièrement redécouverte cet été. Mes seuls souvenirs émus sont liés aux Fish&Chips et à la Guinness, cette bière qui se mange et se boit tout à la fois, aussi dense qu'elle est légère (elle tire à 4.5° seulement !), pas besoin d'aller chercher plus loin mon amour des bières de soif.

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La traversée a été assez paisible, c'est chouette cette nuit sur le bateau au large des cotes, j'ai été surpris de découvrir un peu le mal de terre jusqu'à 24h après le trajet mais rien de grave. On découvre sur le bateau un ecosystème très spécial, fréquenté dans les deux sens par (à vue de nez) 80% d'irlandais en familles nombreuses. Plein de petits Weasley courant dans le bateau avec ses bistrots, ses pubs, ses boutiques...

L'irlande est bien l'enchanteur spectacle de la nature promu par Tomm Moore, un concentré de paysages de montagne et de mer, des gens chaleureux, des balades inoubliables. Par contre nos chaussures de marche étaient en général trempées 30mn après le départ, le sol tourbé étant gorgé d'eau, ça n'est pas pour rien que tout est si vert... Le temps est aussi très changeant, "It changes every twenty minutes" nous a dit un Irlandais, il est donc indispensable de se trouver un système d'habits à géométrie variable, pouvant passer du froid venteux aux lourdes averses en passant par le cagnard le plus etouffant en quelques instants. Je n'ai jamais mieux compris l'usage du parapluie téléscopique. J'ai vu des gens en vélo sur le Ferry et je trouve cela très courageaux, outre que l'Irlande est un pays très valonné, plein de montées et de descentes, les routes sont étroites, on y roule à gauche et les petites départementales permettent une circulation à 100km/h ! Respect aux deux roues...

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Bon. Pas grand chose d'autre à ajouter, je n'ai pas spécialement pris le temps de dessiner en Irlande, je me suis un peu rattrapé avec les vieilles maisons de la Charité sur Loire.

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On a ramené un souvenir d'Irlande : une tête de mouton. Il y en avait deux aux alentours proches de la maison, on a pris celle qui nous semblait la plus belle, en espérant qu'elle n'avait pas pour l'éleveur un usage particulier (éloigner des prédateurs, épouvanter le troupeau ?). Un petit rappel pour une des plus chouettes balades qu'on ait fait cet été, sur la presqu'île de la Sheep's Head.

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